Publié par : Jean | 8 novembre 2009

Les Occidentaux doivent-ils se culpabiliser ?

Il a été reproché à Pascal Picq par un intervenant trop de culpabilisation par rapport à la civilisation occidentale ; il a ajouté une citation de Paul Ricoeur : “il faut savoir gérer l’oubli”.

La conférence de Pascal Picq, et nombre de livres et de prises de position, peuvent expliquer que l’Occident puisse se sentir coupable d’avoir anéanti des civilisations, en particulier en Amérique.

Pour réféchir sur ce thème, on pourra lire de Jean-Claude Carrière  “La controverse de Valladolid”, Paris, 1992? cité par Pascal Picq. Un autre point de vue peut être trouvé dans le livre de Pascal Bruckner, La Tyrannie de la pénitence : Essai sur le masochisme Occidental, Grasset, 2006

Publié par : Jean | 8 novembre 2009

Exposition “our body/à corps ouvert”

Vous trouverez sur le site du Nouvel Observateur un article sur l’interdiction de cette exposition

Une photo et un article sur Rue89

Publié par : Jean | 8 novembre 2009

Fouilles archéologiques et restes humains

Dans sa réponse à la question posée sur ce thème, Pascal Picq a fait allusion au débat provoqué par les fouilles archéologiques ayant donné lieu à la découverte de l’Homme de Kennewick, découvert en 1996

Quelques liens pour aller plus loin

Le point sur la question en 2004 sur un site québecois

Article de La Recherche en 2006

L’article de Wikipedia

Publié par : Jean | 8 novembre 2009

La conférence de Pascal Picq

picqLa conférence commence par la présentation de Pascal Picq,  les remerciements au directeur du CHU Christian Paire, qui nous accueille dans l’amphithéâtre Lecat  et à Mme le Recteur de l’Académie de Rouen, présente dans la salle.

Catherine Morin-Desailly rappelle le contexte de sa rencontre avec Pascal Picq, au moment où la Ville de Rouen a décidé de restituer les têtes maories conservées au Museum d’Histoire Naturelle de la ville, à la Nouvelle Zélande. Le débat de l’époque était entre ceux qui pensaient que la loi sur l’inaliénabilité des collections des musées s’appliquait à ce cas, alors que pour Pierre Albertini et Catherine Morin-Desailly, il relevait de la loi sur la bioéthique. Afin de fournir un cadre règlementaire à cette restitution, le Sénat a voté à l’unanimité une proposition de loi le 29 juin 2009

http://www.senat.fr/dossierleg/ppl07-215.html

Pascal Picq commence sa conférence en rappelant que les Maoris ne sont pas des « sauvages » ou des primitifs, ils forment une nation, qui a participé à la libération du Quesnoy en 1918

http://www.nzhistory.net.nz/war/le-quesnoy/new-zealand-and-le-quesnoy

Il fustige la tendance des Occidentaux à se considérer supérieurs aux autres peuples, en particulier les peuples sans écriture. L’ethnologie oblige à regarder l’Histoire autrement.

Il évoque ensuite la vie de Charles Darwin, né dans une famille riche et libérale (Whig), qui étudie la médecine à Edinburgh, l’ « Athènes du Nord », puis s’embarque en 1831 sur le Beagle, commandé par le capitaine Fitzroy, éduqué comme lui dans la culture occidentale, mais peu sensible à l’esclavage. Darwin est au contraire abolitionniste. A son retour en Grande Bretagne, il publie ses carnets de voyage, puis en 1859, «  l’Origine des espèces ». L’anthropologie naît après Darwin. On classe alors les populations selon leur degré d’évolution technologique, en différenciant les groupes humains en fonction de leur maîtrise des techniques, en introduisant en outre une hiérarchisation entre « noirs », « jaunes » et « blancs » (évolutionnisme culturel).

Claude Lévi-Strauss appartient lui aussi à une famille cultivée, et c’est aussi un grand voyage qui aura chez lui un rôle décisif, celui qu’il fait au Brésil, d’où il ramène « Tristes tropiques ». Lévi-Strauss est fasciné par la linguistique comparée. Les peuples au cours de l’Histoire ont voyagé avec leurs gènes, leurs mythes et leurs langues. Mais la civilisation occidentale a détruit la diversité des espèces et des langues. On peut distinguer trois humanismes selon Lévi-Strauss, celui de la Renaissance, celui du XIXème siècle et celui qui, au XXème siècle, intègre les peuples sans écriture. Le quatrième, introduit par la paléoanthropologie prend en compte toute l’humanité. Il ne conçoit pas, comme les philosophes ou les théologiens, l’animal comme fondamentalement différent du genre humain : un singe souffre, lui aussi. Il refuse le relativisme, pour lui, les valeurs universelles ne sont pas négociables.

Pascal Picq termine son intervention en revenant au problème des têtes maories et de la Vénus hottentote, dont la restitution était passée par une loi, comme ce sera le cas pour les têtes maories.

Même si les raisons de s’inquiéter aujourd’hui sont grandes, en ces temps de disparition des grands singes et des peuples premiers, on peut souligner tout de même des changements des Occidentaux quant à la perception des autres cultures, lorsqu’on pense que des « zoos humains » ont existé à l’exposition coloniale de 1931 et que les droits civiques pour les Noirs aux Etats-Unis datent des années 60 et que les choses ont évolué depuis.

Les questions de la salle portent sur quatre thèmes qu’il peut être intéressant de continuer à développer à travers ce blog

-          Que penser des fouilles archéologiques sur le territoire de certains peuples (Pascal Picq évoque en réponse les fouilles dans les territoires Indiens des Etats-Unis)

-          Comment exposer les restes humains que sont les momies ? on évoque l’exemple du musée du Caire et celui d’un musée d’Europe du Nord, où l’on refuse de montrer le corps d’un personnage de l’époque des Vikings

-          Fallait-il interdire l’exposition des corps humains venus de Chine ?

-          Un intervenant reproche à Pascal Picq le ton de son exposé et la tendance à la culpabilisation permanente des Occidentaux

Publié par : Jean | 5 novembre 2009

Anthropologie et éthique : Conférence de Pascal Picq

maori

Anthropologie et éthique : à partir du cas des têtes maories, réflexions sur la conservation des restes humains »

7 novembre- 11h à l’amphithéâtre Lecat du CHU de Rouen

Avec Pascal PICQ, paléoanthropologue, Maître de conférence au Collège de France

A l’initiative de la proposition de loi sur la restitution des têtes maories à la Nouvelle-Zélande votée à l’unanimité le 19 juin dernier au Sénat, Catherine MORIN-DESAILLY a jugé intéressant d’inviter le public à débattre de cette question, avant que l’Assemblée Nationale elle-même ne discute de la proposition de loi. Pour ce faire, elle a convié Pascal PICQ, paléoanthropologue français, maître de conférences au Collège de France où il collabore avec le professeur Yves Coppens.

Publié par : Jean | 23 octobre 2009

Avant la conférence de Pascal Picq

Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, donnera une conférence sur “éthique et collections des musées” au CHU de Rouen le samedi 7 novembre 2009 à 11h.

Pascal Picq sur France Inter pour son livre sur Darwin dans l’émission  “2000 ans d’histoire”

Conférence de Pascal Picq à la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette le 23 janvier 2008

conf sicardLa conférence est présentée par Catherine Morin-Desailly et par Christian Paire, directeur du CHU de Rouen et membre du bureau de l’association Culture Toute !

Christian Paire rappelle le riche patrimoine hospitalier à Rouen, en particulier le Musée Flaubert, mais l’hôpital n’a pas que des racines, il peut être aussi un lieu d’art vivant,  car, comme l’écrivait André Malraux dans « Le musée imaginaire », les œuvres ne doivent pas être toutes dans des musées.

Didier Sicard commence alors sa conférence par quelques exemples du peu de considération des hôpitaux pour leur patrimoine, citant la maison de Zola, léguée à l’Assistance Publique, qui la laissa péricliter avant de la vendre, ou le tombeau de La Rochefoucault, abandonné dans l’hôpital Charles –Foix à Ivry.

http://cfx-jrs.ap-hop-paris.fr/histoire/indexh.htm

La culture à l’hôpital n’est pas une nouveauté, on a oublié la tradition culturelle de l’hôpital médiéval, il suffit de visiter par exemple les Hospices de Beaune pour s’en convaincre : voir le polyptique du Jugement Dernier de Rogier Van der Weyden

http://www.hospices-de-beaune.com/fr/musee/

La médecine aujourd’hui supporte mal une autre présence dans l’hôpital et ne tolère les artistes que comme décorateurs. L’art est davantage présent dans les aéroports ou dans les bureaux de poste. Il faut un art de qualité à l’hôpital, pas les œuvres réalisées par le personnel hospitalier mais de véritables œuvres d’art.

Exemple, la salle des départs de l’hôpital Raymond Poincaré, réalisée par Ettore Spaletti

http://www.culture.gouv.fr/culture/editions/documents/cr113_p33-35.pdf

http://www.bbc.co.uk/radio4/science/lastgoodbye.shtml

(Émission de la BBC à écouter et images de la salle des départs)

Autre  exemple,  l’architecture de l’hôpital Pompidou, conçu par Aymeric Zublena, les tables d’autopsie utilisées par Huang Yong Ping.

L’art à l’hôpital, c’est la résistance de l’Homme contre la technique, l’artiste est un passeur et contribue à la réhumanisation de la personne. La rumeur du monde doit pénétrer dans l’hôpital.

« L’art est la preuve que la vie ne suffit pas » Cesare Pavese

DÉBAT

Une intervenante fait remarquer que les malades qu’elle a eu l’occasion d’interroger dans sa vie professionnelle avaient davantage besoin d’espace, de jardins, de fleurs et d’arbres que de sculptures modernes.

Didier Sicard répond que l’artiste change la routine existentielle. La médecine voit le corps comme un objet malade, alors que le chorégraphe développe les possibilités infinies du corps. Dans l’exposition « Mines de riens » de Françoise MAISONGRANDE qui vient d’être inaugurée au pavillon de Germont, l’artiste a révélé une chorégraphie dans les gestes quotidiens des infirmières. Ainsi, l’art peut faire réfléchir les soignants sur leur métier.

Denis Lucas, médiateur culturel du CHU,  évoque alors les projets menés à l’hôpital , en particulier avec Sylvain Groud, qui intervient pour expliquer ses interventions  chorégraphiques à l’hôpital.

Didier Sicard conclut en souhaitant que le monde médical garde sa curiosité vis-à-vis du monde extérieur.

Publié par : Jean | 13 juin 2009

Culture à l’hôpital

sicard« Culture à l’Hôpital » :

conférence-débat avec Didier SICARD le 18 juin à 20h15

CHU de Rouen , Amphithéâtre Lecat

Le cycle des débats organisés par l’association Culture Toute ! pour la saison 2008-2009 se termine.

Après avoir reçu Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles de Grenoble en mars dernier, l’Association, en partenariat avec le CHU de Rouen, dont le directeur Christian Paire est président de la Commission Culture des Hôpitaux de France, reçoit le professeur Didier Sicard, président d’honneur du comité consultatif national d’éthique, à l’amphithéâtre Lecat du CHU de Rouen, le jeudi 18 juin à 20h15.

Il a notamment participé à la Table-ronde Les problèmes de la naissance : questions de limites, question de droits faisant partie de la série de débats Éthique à l’ENS organisée par Monique Canto-Sperber.Il aborde les nouveaux champs de réflexions en termes d’éthique médicale, notamment sur les technologies de la procréation, qui voient leur complexité s’accroître à mesure des avancées dans ce domaine. Il souligne en outre le manque de formation des médecins pour répondre à des questions éthiques de plus en plus nombreuses, et dénonce l’écart qui existe en France entre l’éthique et la pratique.

La culture, élément central et non pas accessoire du développement de l’hôpital.

Lors de son intervention jeudi 18 juin, le professeur Sicard situera son propos par rapport au contexte actuel de crise économique susceptible de limiter l’hôpital à une efficience technique. Fort de ce constat, il insistera sur l’importance de penser la dimension culturelle et artistique du projet hospitalier comme un élément de la prise en charge du patient.

Didier Sicard

Né en 1938. Président du Comité consultatif national d’éthique de 1999 à 2008. Il est professeur de médecine à l’université Paris Descartes et a été chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin, à Paris.

sicardqsjPrincipales publications :

1995 Harrison : Principes de médecine interne (directeur scientifique : Professeur Didier Sicard, éditeur : Philippe Zawieja pour Arnette-Blackwell, Paris. Traduction des Harrison’s Principles of Internal Medicine, McGraw-Hill, USA)
1996 Infection à VIH : Savoir et comprendre : connaissance de l’infection à VIH pour la personne séropositive, ses amis, sa famille
1996 L’Approche clinique
1997 Dialogue spécialistes, généralistes (avec Hélène Bouchez)
1999 Hippocrate et le scanner : Réflexion sur la médecine contemporaine (avec Gérard Haddad)
2002 La Médecine sans le corps : une nouvelle réflexion éthique
2003 Travaux du Comité consultatif national d’éthique
2004 Santé et Société au Laos (1973-1978) : le Système de Santé Lao et ses possibilités de développement
2004 Le Devoir de non-abandon : Pour une éthique hospitalière et du soin (avec Emmanuel Hirsch)
2006 L’Alibi éthique

Quelques liens

Un article dans l’Express

Audition de Didier Sicard devant la mission d’évaluation de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie

Un article de La Recherche

La prochaine conférence de Culture Toute !

aura lieu le jeudi 18 juin à 20h15 au CHU de Rouen.

(amphithéâtre Lecat)

autour du thème “Culture à l’Hôpital”

en présence du Professeur Didier SICARD, Président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique.

Ouvert à tous !

Cette conférence aura lieu à la suite de l’inauguration de l’espace éthique et culturel au sein du CHU, dont le but est de faire tomber les murs qui maintiennent certaines catégories de population, en particulier les malades,  dans l’enfermement et les privent d’un accès à l’art qui avait déjà été voulu il y a un demi siècle par André Malraux.

L’association Culture Toute !  souhaite avoir des liens permanents avec l’hôpital, en inscrivant à son programme chaque année une conférence dans un établissement hospitalier.

On peut  rappeller que Catherine Morin-Desailly est à l’origine d’un amendement à la loi Hôpital qui instaure, à côté du volet social, un volet culturel dans le projet des établissements de santé.

(lire à l’adresse suivante : http://catherinemorindesailly.typepad.fr/cmd/2009/05/la-culture-%C3%A0-lh%C3%B4pital-inscrite-dans-la-loi-%C3%A0-la-suite-dun-vote-du-s%C3%A9nat.html)

Cet amendement a été voté à l’unanimité par le Sénat.

invit sicard

Publié par : Jean | 25 mai 2009

Les conférences en 2008-2009

logo culture toute13 octobre 2008 : La création artistique : Elisabeth MACOCO, directrice du théâtre des deux rives, Jérôme LECARDEUR, directeur de Dieppe Scène Nationale, Jacques PETIT, musicien et compositeur.

26 janvier 2009 : Catherine CLEMENT, “Lévi-Strauss et l’écologie du monde”

16 février 2009 : Jacques SANTAMARIA, scénariste, réalisateur,  “Cinéma ou télévision, pour qui faire des films ?”

9 mars 2009 : Jean-Pierre SAEZ, “les enjeux de la recomposition des poliitiques territoriaes”

18 juin 2009 : Didier SICARD, ancien président du comité national d’éthique “Culture à l’hôpital”

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