Publié par : Jean | 24 septembre 2012

Compte rendu de la conférence « de la verte Normandie au rouge Brésil »

La fête brésilienne de 1550 à Rouen

Conférence d’Antoine Pouillieute, conseiller d’Etat, ancien ambassadeur de France au Brésil

On retrace tout d’abord la carrière d’Antoine Pouillieute, commencée au lycée Corneille, puis à l’Université de Rouen, avant de rejoindre l’ENA et intégrer plusieurs cabinets ministériels, dont celui du premier ministre Edouard Balladur, avant d’être nommé ambassadeur au Vietnam, puis au Brésil. Il est aujourd’hui consultant en stratégie et conseille les entreprises qui veulent d’installer dans les pays émergents.

Antoine Pouillieute rappelle les liens anciens unissant la Normandie au Brésil en retraçant les grandes lignes de la découverte et de la colonisation du Brésil à partir de Cabral en 1500, puis du Normand Paumier de Gonneville en 1503, et rappelle que Rouen a été l’un des ports principaux pour l’importation du pau brasil, le bois d’un arbre poussant dans la mata atlantica, la forêt atlantique du Brésil, qui permettait d’obtenir une teinture rouge, largement utilisée alors dans l’industrie textile rouennaise. Jusqu’en 1549, Rouen en aura le monopole d’importation. Ce bois sert aussi à faire les archets des violons. Le conférencier rappelle aussi l’aventure de Villegaignon, en 1555, racontée dans le roman Rouge Brésil. Les Français furent expulsés de la baie de Guanabara par les Portugais, qui y fondèrent Rio de Janeiro, mais ils rapportèrent des récits de voyage comme celui de Jean de Léry en 1578. Les liens entre Normandie et Brésil sont à l’origine de la Fête brésilienne de 1550, en présence d’Henri II et Catherine de Médicis, à Rouen.

Les Français avaient implanté le café en Guyane et aux Antilles au début du XVIIIème siècle, et de là, il passa au Brésil, grâce au cadeau fait par l’épouse du gouverneur de Guyane à son amant portugais, qui le ramena au Brésil. Antoine Pouillieute termine l’évocation des liens entre la Normandie et le Brésil en parlant des demeures de style anglo-normand de Petropolis, résidence impériale proche de Rio.

Il passe ensuite au concept d’émergence, puisqu’on considère le Brésil, l’un des « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine), comme un pays émergent ».

Cette « émergence » n’est pas récente : le Brésil a vu son PIB multiplié par 127 au cours du XX ème

siècle. Certes la réactivité, l’ardeur, le dynamisme des BRIC, dont le PIB est l’égal de celui des États-Unis, ne doit pas conduire à surestimer leurs performances, mais il n’en reste pas moins qu’ils représentent 15% du commerce mondial, 20% de sa croissance économique et 40% de la population de la planète. Ils n’ont cependant pas de projet alternatif à l’organisation actuelle de l’économie mondiale et ne sont pas à l’abri de la crise, tout au plus doivent ils à la rusticité de leurs société une plus facile adaptation aux aléas économiques. Leurs infrastructures restent insuffisantes, en particulier au Brésil, qui pâtit par ailleurs de très fortes inégalités sociales. On peut cependant être raisonnablement optimiste pour un pays qui a vu sa classe moyenne passer de 34% de la population en 2005, pour atteindre 52% en 2009 et 70% selon les prévisions en 2014. En outre, la Bolsa Familia, créée par le président Henrique Cardoso et poursuivie par Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff a permis à 50 millions de personnes d’échapper à la faim.

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