Publié par : Jean | 3 février 2012

Conférence de Michel Boyon, président du CSA

Michel Boyon, Président du conseil supérieur de l’audiovisuel, a répondu à l’invitation de Culture Toute !,  du Club de la Presse et de Rouen Business School pour présenter la télévision de demain.

Après avoir rappelé ce qu’est le CSA, c’est à dire une instance de régulation de l’audiovisuel indépendante des pouvoirs politiques, dont on parle beaucoup actuellement dans le cadre de la campagne électorale car il est chargé du décompte du temps de parole des candidats, mais le CSA n’est pas que cela.

Aujourd’hui, nous possédons 19 chaînes TNT ainsi que des télévisions locales, plus le cable, le satellite et l’ADSL. 60% de la réception se fait par la TNT, 25% par l’ADSL. 6 nouvelles chaînes vont venir complèter l’offre de la TNT, il y a 34 demandes, qui seront examinées par le CSA.
Le passage à la TNT a généré un renouvellement du parc de récepteurs, puisque 24 millions de téléviseurs ont été vendus depuis 3 ans (dont 9 millions en 2011) : puisqu’il y a 26 millions de foyers, le parc a été presque entièrement renouvelé.

La télévision de rattrappage va se développer. Aujourd’hui, elle ne représente en moyenne que 4 minutes par jour, alors que la télévision est regardée pendant 3h45. La durée passée devant la télévision est en augmentation, même chez les 18-25 ans, mais on fait de plus en plus autre chose en même temps, il ne s’agit plus comme autrefois d’une écoute exclusive.

La radio numérique terrestre : 1/3 des Français n’a que 10 radios à sa disposition, en moyenne, c’est 27 radios et à Paris, c’est 85. France Info n’est reçu que par 70% des Français (France Inter, 98%)

La télévision connectée : les récepteurs TV vont de plus en plus pouvoir recevoir Internet. 20% sont aujourd’hui connectables, mais seule une minorité se connecte effectivement. Les récepteurs pourront recevoir les images venues d’Internet, c’est à dire des images non contrôlées. Il y là un risque de contournement de la régulation française que représente le CSA : la violence, la pornographie, ne pourront plus être contrôlés et le rôle de la télévision dans la défense des oeuvres française sera contourné. La France est un des seuls pays à règlementer la diffusion télévisée, et cela pourrait être rendu inefficace par la télévision connectée, d’autant plus que les lobbys d’internautes sont puissants et s’opposent à toute régulation.
Selon Michel Boyon, il y a un principe simple à appliquer : toute personne tirant des revenus de la diffusion d’une oeuvre doit participer à son financement.

C’est en 1982 que l’on a commencé à réguler l’audiovisuel, qui à l’époque dépend de l’Etat. La loi de 1986 a supprimé le monopole et permis l’émergence de radios et de télévisions privées. Un régulateur indépendant, le CSA, a été créé, il a pour but de promouvoir la culture française, d’aider le cinéma, puis plus tard, de favoriser la visibilité de la diversité, protéger l’enfance, aider à la prévention sanitaire, il a donc un rôle sociétal important. Aujourd’hui, on se préoccupe beaucoup des aspects technologiques de la régulation et de l’impact économique, sachant que l’audiovisuel représente 300 000  emplois.

Comment faire appliquer les règles ?
Il y a peu de manquements, car il y a un dialogue avec les médias. Sinon, on commence par une admonestation, puis une mise en demeure, la sanction ultime étant le retrait de l’autorisation. On peut aussi supprimer des écrans publicitaires, infliger une amende (une radio a dû payer une amende de 200 000 euros), faire lire un communiqué à l’antenne pour souligner un manquement à la rigueur de l’information (utilisé pour une grande chaine de télévision ayant diffusé des images tournées à une autre époque et dans un autre pays pour illustrer des manifestations en France).

Ne risque-t-on pas d’aboutir à une concentration quand on voit Canal+ prendre de plus en plus d’importance en reprenant des chaînes, attribuées à d’autres, qui revendent ensuite avec une importante plus value ? En réalité, lancer une chaîne demande un gros investissement, on ne peut interdire à un investisseur de revendre, non la propriété de la fréquence, mais le droit de diffusion de la chaîne. Quant à la concentration, elle va dans le sens de l’histoire économique, nos groupes audiovisuels sont très faibles au niveau européen et mondial, ils ne peuvent investir à l’étranger et risquent d’être victimes d’OPA, ils doivent donc se renforcer.
En conclusion, la télévision est morte, vive la télévision : une nouvelle télévision se construit, avec plus de liberté de choix, mais se pose toujours le problème de la qualité des programmes.

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