Publié par : Jean | 22 juin 2010

La conférence de Sylvie Saint-Cyr sur l’opéra

Lundi 21 juin, jour de la fête de la Musique, Sylvie Saint-Cyr a donné chez Eric Gervais, luthier rue Sainte Croix des Pelletiers, pour l’association Culture Toute !, une conférence sur l’opéra et ses publics.

En voici les grandes lignes

  QUELS PUBLICS POUR L’OPERA ?

 Depuis 20 ans, le public de l’opéra s’est-il renouvelé ?

 Dans les années 80, l’opéra se trouve confronté à une double crise :

  • le public ne se renouvelle plus
  • le répertoire se sclérose : pas de baroque, pas de contemporain : on joue Mozart, Rossini, Verdi, Puccini, Offenbach, Bizet, Gounod.

La création est sacrifiée. Rouen ne fera de 1965 à 1978 que 6 créations mondiales et 5 françaises ; c’est un des opéras français les plus innovant.

Il n’y a pas de public pour le répertoire du 20ème siècle. A l’Opéra du Rhin, lorsque la Flûte Enchantée fait 98% de taux de remplissage, Pierrot Lunaire ne fait que 57%.

Et il n’y a même plus de public du tout : il ne reste que 4 abonnés à Nancy.

Il faut donc attirer de nouveaux spectateurs, des jeunes et de nouvelles catégories sociales, par une autre politique de tarifs, des programmes pédagogiques et des spectacles spécifiques.

Pour cela, on recrutera des personnels spécifiques et on travaillera en partenariat avec l’éducation nationale.

 De tous temps, on s’est posé le problème des publics, même sous la monarchie, où les loges se transmettaient par héritage. Aux siècles suivants, on se préoccupera des publics exclus, par exemple à Rouen en 1919, on prévoit 100 places exonérées pour les ouvriers et 50 pour les scolaires. En 1936, on prévoit 5 matinées scolaires.

 C’est Rolf Liebermann, directeur de l’opéra de Paris de 1973 à 1980, qui va faire évoluer les choses. Il supprime la troupe permanente, fait appel à des chanteurs et metteurs en scène internationaux, fait donner les opéras en langue d’origine. Il substitue un système de « festival permanent » à l’ancien système, encore en vigueur aujourd’hui en Allemagne. Cette nouvelle politique coûte plus cher que l’ancienne.

Malgré cela, le public n’augmente pas et vieillit, la période Liebermann fait illusion, comme le renouveau de l’opéra à la télévision, au cinéma ou à Bercy, où 200 000 personnes vont voir Nabucco et 175 000 Carmen. Mais ces publics ne viennent pas pour autant à l’opéra.

 Les maisons d’opéra construisent alors des partenariats avec l’éducation nationale. A Rouen, un service éducatif est créé en 1992, des enseignants sont accueillis en postes détachés, des budgets sont alloués.

Des programmes pédagogiques sont mis en place, afin de construire des parcours à partir des programmes scolaires, ce qui est la règle en France à la différence de la Grande Bretagne. A Rouen, es stages du plan académique de formation sont organisés, une première en France. Les étudiants de l’IUFM font aussi des stages à l’opéra.

 Des spectacles « jeune public » sont programmés en choisissant des spectacles adaptés et en adaptant leur durée.

 De nouvelles tarifications peuvent attirer de nouveaux publics, comme par exemple les « entrées libres » à Rouen, qui représentent 30% des abonnés, ce qui fait de Rouen un opéra où les abonnés sont 60%, alors que la règle générale en France est de 30%..

 Quels résultats ?

 L’image de l’opéra s’est modifiée, les saisons se sont étoffées, au point que certains opéras ne ferment pas l’été. Les productions se diffusent sur les territoires, comme c’est le cas en Haute Normandie, les structures évoluents : les EPCC remplacent les opéras en régie municipale, ce qui se traduit par une augmentation des subventions.

Le public rajeunit : à Rouen, on est passé d’une moyenne d’âge de 65 ans dans les années 80 à 49ans aujourd’hui. Le public est composé de 66% de femmes et de 15% de moins de 20 ans, 22 000 jeunes sont accueillis à Rouen chaque année. Les catégories sociales intermédiaires sont davantages représentées qu’autrefois.

Ce public plus nombreux est plus demandeur de mises en scènes que de voix, est moins connaisseur mais plus curieux, il est aussi moins fidèle.

 Désormais, les opéras sont plus ouverts à de nouveaux publics

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